Publié dans A tous points de vue, je vais de mieux en mieux...

Méditation chocolatée

Vous avez des difficultés à méditer, cela vous parait trop abstrait et contraignant et votre esprit part vers les préoccupations du quotidien ? Je vous propose une méditation gustative pour lier cette activité à un moment de détente et de plaisir et pour vous reconnecter à vos sens. Préparez votre tapis, votre coussin et… un (ou deux si vous êtes vraiment gourmand) petit carré de votre chocolat préféré. Attention vous risquez de devenir accro !

Petits conseils pour bien débuter :

  • Portez des vêtements où vous vous sentez à l’aise, si possible en matière naturelle,

  • Trouvez un endroit calme (en intérieur comme en extérieur) sans bruits parasites,

  • Choisissez une posture où vous vous sentez à l’aise (couché ou assis en tailleur),

  • Si vous avez besoin d’une couverture (ou coussin) pour vous allonger (ou vous asseoir), la choisir en matière naturelle et si possible ne l’utilisez qu’à cet effet,

  • Soyez le plus détendu possible, méditer n’est pas une contrainte mais un plaisir, choisissez un moment de la journée où vous vous sentez réceptif,

  • N’ayez pris aucune drogue, ni alcool, médicament ou autre substance pouvant engendrer des troubles de la conscience ou de l’attention,

  • N’ayez pas trop mangé ou trop peu.

Dans le vif du sujet :

  • Mettez-vous en position (en tailleur est préférable pour cette séance),

  • Réservez 5 mn à vous mettre en condition en respirant calmement,

  • Fermez les yeux,

  • Mettez le chocolat dans votre bouche et laissez-le fondre doucement sur votre langue,

  • Prenez conscience de la diffusion de son arôme dans votre bouche,

  • Concentrez-vous bien sur les saveurs et sur les odeurs qui se diffusent en vous,

  • Suivez mentalement et sensitivement leurs trajets sans retenir les sensations, les souvenirs qui vous traversent,

  • Continuez la méditation jusqu’à la disparition du goût dans votre bouche.

Petits conseils pour bien terminer :

  • Prenez le temps de reprendre vos esprits,

  • Tenez un carnet de bord de vos expériences en y notant vos sensations, vos visions ou autres…

Le chocolat se prête bien à cette méditation, car il fond doucement et a la qualité de posséder des arômes très prononcés. Pour ceux qui ne sont pas des « fondus » de chocolats, choisissez un aliment facile à mastiquer avec un minimum de saveur et qui vous procure du plaisir. Les aliments sucrés sont pratiques à utiliser (bonbons ou sucettes pas trop gros).

 

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Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, saison 1, Temps 9

De la rive épie l’animal
Les lames tranchantes lacèrent les chevilles
Entravent la progression
Les pierres écorchent les pieds
De la rive observe l’animal
Le tourbillon incessant attaque les genoux
Freine le pas
Une branche fouette le visage
De la rive s’ébroue l’animal
L’écume ennemie frappe les membres
Brise le souffle
La peau n’est que lambeaux
De la rive s’impatiente l’animal
Le corps chavire sous l’effort
Rampe à quatre pattes
L’humain épuisé redevient animal
De la rive allonge l’animal l’échine
Sur la berge atteinte, museau à museau
Se prolonge la rencontre un instant
En quelques bonds
L’animal franchit la rivière…

*****

Sur la paroi brute
Le charbon noircit la roche
Apparaît l’animal
Sous les doigts habiles
Galope l’esprit
Après l’ombre vagabonde
Trotte sur la pierre froide
Dans la grotte ancestrale
Marquent les sabots le passage
Du royaume des yeux
Au royaume des mains.

*****

Étouffent les mauvaises herbes les bonnes
Paraissent belles et envoûtantes
Charment de leurs attraits
Envahissent sournoisement
Les plants nourriciers
Doivent être arrachées,
Sera assurée la survie…
Il en est de même parmi les hommes.

Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

Voyage en mère…

J’ai plongé
Dans un ciel bleu nuit
La grande mère
Aux étoiles désertes
A englouti mon esprit.

J’ai dérivé
Dans le froid courant
Glacée jusqu’aux os.
Cassant de mes bois
Les falaises en poussière.

J’ai perdu
Mon corps lourd
Dans les nuages rocheux
Durement déchirée
Par les griffes stellaires.

J’ai léché
Sur la pierre gelée
Le sel de la Rune chevauchée
Me désaltérant
A sa traîne vaporeuse.

J’ai cherché
De mon sabot ardent
Le lichen amer
Que les vagues enterrent
Sous la blanche écume.

J’ai galopé
Libre dans les flots
Sous les pluies grisantes
Jusqu’à me noyer
Dans l’ivresse des profondeurs.

Sauvage cervidé
À la peau blanche
À la ramure large
Possédait mon corps
De son animale puissance.

A l’aube
La mer se retire
Laissant les corps inertes
Sur les plages désolées
Par les longs voyages.

 

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J’ai plongé…

Le Conte des Contes de Giambattista Basile

Où sont passés nos princes et princesses d’antan, nos belles à l’esprit aventureux et nos beaux à la trempe libertine ? Je les ai retrouvés dans ce mini recueil de contes de Giambattista Basile, choisis et traduits du napolitain par Myriam Tanant.
Déçues par les histoires édulcorées de Disney, Grimm et Perrault entre autres, je suis partie à la recherche des origines des contes qui ont bercé mon enfance. Et voilà que j’entends parler du « Conte des Contes », recueil du XVIIe siècle de contes populaires italiens recueillis par Basile, poète, écrivain, écumeur de taverne sans doute à l’écoute des marins, des marchands racontant ces récits venus de la nuit des temps, remaniés et véhiculés au gré de la culture des narrateurs.
Il en ressort de magnifiques histoires où les ogresses côtoient les fées, où les hommes sont un peu, voire beaucoup polissons, où les femmes se laissent séduire sans rougir de honte, mais de plaisir. Au diable la tempérance : on désire, on envie, on mange, on boit, on vit ! La vertu n’est plus de mise, les personnages ont leurs faiblesses et leurs forces qui les font tomber ou grandir.
Les femmes sont ici dans l’action, elles mènent le jeu sans subir celui des hommes qui il faut le dire n’en ressortent pas toujours grandis. Elles ne sont pas de belles potiches qui pleurent en attendant la venue du prince, elles partent le cœur vaillant à sa recherche !
Que dire du style ? Savoureux, subtil, joliment tourné ? Peut-être un peu trop cru par instant, mais sans vulgarité aucune. Il convient donc de faire quelques modifications dans les tournures et expressions dans la lecture aux jeunes enfants !
Vous y trouverez beaucoup de référence aux dieux grecs, reconnaitrez la Belle au Bois dormant, Cendrillon, Peau d’Âne, vous pourrez même y voir passer Siegfried, Brunehilde et Gudrun issus des sagas nordiques.
Pour ma part, c’est une riche découverte, une pièce majeure de notre patrimoine culturel. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant et j’ai trouvé les personnages très vivants et familiers. Je m’attendais à y voir des passages sanglants, des descriptions de meurtres abominables, mais il n’en est rien fort heureusement.
Le seul point négatif de ce petit recueil est de ne contenir que douze des contes originaux de l’œuvre principale. Une autre traduction en français éditée par les éditions Circé contient l’ensemble des histoires.

Pour en lire davantage sur le livre: Le Conte des Contes

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Le Conte des Contes de Giambattista Basile

 

Victoria de Knut Hamsun

Un amour impossible comme celui de Roméo et Juliette ou de Tristan et Iseult, il en existe aussi dans la littérature norvégienne ! C’est le cas de Victoria et Johannes dans ce magnifique roman de Knut Hamsun, un chef-d’œuvre classique à compter dans sa bibliothèque.
Le personnage central est ce garçon très fantasque qu’est Johannes, très rêveur, la tête pleine d’histoires depuis tout petit, il poursuit des études de littérature et devient un poète et auteur à succès. Il connait Victoria depuis son enfance, elle est la fille du châtelain alors que lui n’est que le fils du meunier. Ces deux caractères si différents se retrouvent et s’opposent dans un amour passionné mais aussi impossible.
La pensée de Johannes est libre, à l’opposé de ses actes contraints par les barrières sociales, elle est exaltée et ne se canalise que par la présence de la nature et par l’écriture. Victoria lui semble si indifférente et cruelle parfois, elle lui rappelle les réalités de la vie mais en dessous une intense lutte intérieure entre la raison et les sentiments sévit.

C’est une histoire d’amour loin d’être romantique ou niaise, plutôt poétique, lucide comme le sont les nordiques. Les personnages vivent intensément leur choix et leur Destin qui leur est si cher qui ne fait pas dans le sentiment. La vie continue malgré tout, il faut l’affronter avec en dedans la blessure.

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Victoria de Knut Hamsun

Pour d’autres critiques et plus sur Babelio: Victoria

Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 8

Lit la douce poésie,
Sonnent les mots libres,
Se ferment les yeux inutiles,
Écoute les vers,
Vibre leur écho
Au fond de soi
Éveille le divin.
Images sont les sons,
Émotions immatérielles
Entre dans la dimension
De l’au-delà du sens
Du double langage
Comprend le message
Lui parlent en la pensée
Par la pensée
Des esprits maîtres.

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