Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 10

Vogue la barque sur l’onde des âges
S’échoue sur la berge aux roseaux
Ondule la féminine silhouette
Douce main tire la frêle embarcation
Regard d’or admire le trésor
Rend le sourire de la tendre dame
Remercie l’heureuse providence.

L’enfant du glacier descendu
A traversé les mondes perdus
Jusqu’aux portes sacrées
Secrète est sa naissance
Cachée est sa destinée
Songe l’a annoncé.
Vogue sans fin la barque sur l’onde des âges.

*****

Héritage des ancêtres
Coule dans les veines
Nourrit la chair,
Migrants d’une lointaine terre
Nomades sont les racines.
Saisons après saisons,
De chasses en chasses
Les peaux détendues deviennent solides pierres,
De la terre la nourriture abonde
Du harassant travail,
Rencontre tribus amies
Sang neuf vigueur renouvelle.
L’héritage des ancêtres
Coule dans les veines
Nourrit la chair
Partage des terres
Métissage des peuples
Font des Hommes et des Femmes la fierté
Jamais ne se renient les origines.

*****

Se manifestent les mystères enfouis
Au creux des nocturnes voyages
Aux heures du repos des corps
La délivrance des pensées tues
S’épanouit à la conscience vive
S’éveille des profondeurs inconnues.
Écoute le secret langage
Apporte enseignement subtile
Ancré dans les bas-fonds troubles
Remonte en fines volutes.
L’ancestral savoir est en nous.

 

Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

De Vie à Trépas

N’y a-t-il que les hurlements
Qui apaisent les humeurs ?
Courir vers le danger
À perdre haleine
Vide l’esprit
Des peines de la vie.

Une épée à la main
Je vois l’éclair bleu
Éblouir ma vision.
L’éclatante lumière
Éclabousse mon bouclier
D’or rouge maculé.

Ma voix sauvage vibre encor’
Dans le brusque silence,
J’accélère la course
Les yeux fermés,
L’arme levée est tombée
La lourde armure disparue.

La froidure étreint
Mes membres diffus
Toujours je cours
Sur la sente diaprée
Mon dernier assaut :
Une muraille glacée.

S’éloigne le sol
Sous mes pieds nus,
Le poids des blessures
S’allège dans le vent:
Je comprends enfin
Quel est le chemin.

Est-ce donc cela
Le passage tant raconté ?
Un soleil de matin d’été
Éblouissant se levant
Entre deux montagnes,
Accompagné du vol
Des blancs voltigeurs.

Appelle un cor au loin
Les hommes à la rescousse,
Une meute à mes trousses.
Des poings serrés
Sans retenue je frappe
La haute porte sculptée.

« Ami, ennemi, qui vient ?,
Demande le grand gardien,
Vivement ai je couru
Derrière ton train pressé,
Au garde assermenté
Tu ne t’es présenté ! »

« Te voici vif comme éclair
Tant éveillé que trépassé
En un souffle poussé »,
Par le vantail entrouvert
De son unique œil
M’observe l’Errant.

Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

Autrefois, je me pendais…

Autrefois je me pendais
À l’arbre neuf jours
Durant neuf nuits
Navré d’une lance.

Autrefois je bus
À la source du géant
Acquérant le savoir
Par l’œil de la sagesse.

Autrefois je chevauchais
Un destrier au corps rugueux
Courant à perdre halène
De par les mondes épars.

Autrefois je volais
Dans les plumes noires
Des oiseaux voyageurs
Croassant aux quatre vents.

Autrefois je mordais
Avide les entrailles
Gardant la porte
De mon domaine.

Autrefois je lançais
Le fer aigu et durci
De ma longue pointe
Par-dessus les guerriers.

Autrefois j’enfantais
Des filles fières
Couvrant les tempêtes
Sur les champs de bataille.

Autrefois j’incantais
Sous mon manteau de sang
Appelant les forces
Selon mon vouloir.

Autrefois je lisais
Le destin dans les lots
Données par mon arbre
Murmurant les présages.

Autrefois je commandais
Une armée sans peur
Hurlante sous les peaux
Fidèle à mes desseins.

Autrefois je disparus
Des mémoires indolentes
Dans les profondeurs de l’oubli
Pourchassé par les robes grises.

Longtemps les froides saisons
Passèrent sur mes terres
Me contraignant à l’errance
Désabusé par les échos.

Longtemps un pauvre refuge
Accueillit mon âme affaiblie
Devenant fou dans cette prison
Misérable privé de mes sens.

Un jour je m’éveillais
Libéré de mes contraintes
Comme aux premiers instants
Ma fureur prit son envol.

Grise Fiord de Gilles Stassart

« Grise fiord » (en inuktitut, Aujuittuq : « le lieu qui ne dégèle jamais ») est non seulement le titre de ce roman mais aussi le nom d’une communauté inuite située sur la pointe sud de l’Île d’Ellesmere, au Nunavut, à 1 140 km au nord du cercle arctique.
Plusieurs familles inuites venant d’Inukjuak ont été déplacées à Grise Fiord en 1953, sur ordre du gouvernement canadien qui leur promettait de meilleures conditions de chasse et la promesse de pouvoir réintégrer leur domicile. Sur place, ils ne trouvèrent aucune habitation, aucun bâtiment et très peu de gibier. Le Canada qui voulait affirmer sa souveraineté dans l’Arctique (vis-à-vis de l’Amérique surtout) leur retira son offre de rapatriement vers le sud et les contraignit à rester sur place et à s’adapter tant bien que mal à cet environnement hostile.
Ces quelques lignes pour résumer le contexte dramatique de ce roman dont le principal personnage est un descendant d’une de ces familles inuites : Guédalia a grandi entre une mère reniant la culture inuite traditionnelle (pour elle vouée à disparaitre et symbole de non adaptation) et un père luttant pour inculquer à ses fils les savoirs ancestraux. Pris entre deux mondes, le jeune homme ne sait comment s’adapter à un mode de vie imposé où les désillusions le mènent jusqu’au meurtre.

« Grise Fiord » est un vibrant témoignage des difficultés rencontrées par le peuple inuit à l’encontre de la culture blanche et des ravages que celle-ci a causé et cause encore parmi la nouvelle génération. Drogue, alcoolisme, délinquance sévissent dans les communautés de ces hommes à la dérive, privés de leur culture traditionnelle.
Si le thème de ce roman est clairement défini dès la première moitié (un voyage initiatique à travers le grand nord à la recherche d’une île sacrée), ensuite on perd définitivement le fil. On est soi-même perdu sur la banquise : le sens profond qui anime l’intention des personnages disparait. Leur comportement échappe à toute compréhension. L’histoire tourne un peu en rond et finalement le but n’est pas atteint.
La focalisation interne contribue à brouiller les pistes, elle saute d’un personnage à un autre, les conteurs sont multiples et l’on ne comprend pas toujours dans l’instant qui s’exprime. Cela demande une gymnastique intellectuelle un peu contraignante à la longue.
Je m’attendais, au-delà de l’hommage rendu à la population inuite et de la prise de conscience des difficultés qu’elle traverse pour s’adapter à la culture blanche, à un roman plus initiatique. Le rôle de la chamane Dalia est très complexe et intéressant, très approfondi, détenteur des savoirs et secrets de la communauté. On nous laisse supposer un rôle assez remarquable dans l’évolution de Guédalia. Hélas, elle ne comble pas les attentes.

Cette dernière phrase, je la reprends en conclusion : le roman ne comble pas mes attentes. J’avais l’eau à la bouche au départ : le style était direct, efficace, l’ambiance et l’intrigue étaient bonnes, mais que s’est-il passé dans la seconde partie ?

Pour en lire davantage sur le livre: Grise Fiord

grise fiord
Grise Fiord de Gilles Stassart
Publié dans A tous points de vue, je vais de mieux en mieux...

Méditation chocolatée

Vous avez des difficultés à méditer, cela vous parait trop abstrait et contraignant et votre esprit part vers les préoccupations du quotidien ? Je vous propose une méditation gustative pour lier cette activité à un moment de détente et de plaisir et pour vous reconnecter à vos sens. Préparez votre tapis, votre coussin et… un (ou deux si vous êtes vraiment gourmand) petit carré de votre chocolat préféré. Attention vous risquez de devenir accro !

Petits conseils pour bien débuter :

  • Portez des vêtements où vous vous sentez à l’aise, si possible en matière naturelle,

  • Trouvez un endroit calme (en intérieur comme en extérieur) sans bruits parasites,

  • Choisissez une posture où vous vous sentez à l’aise (couché ou assis en tailleur),

  • Si vous avez besoin d’une couverture (ou coussin) pour vous allonger (ou vous asseoir), la choisir en matière naturelle et si possible ne l’utilisez qu’à cet effet,

  • Soyez le plus détendu possible, méditer n’est pas une contrainte mais un plaisir, choisissez un moment de la journée où vous vous sentez réceptif,

  • N’ayez pris aucune drogue, ni alcool, médicament ou autre substance pouvant engendrer des troubles de la conscience ou de l’attention,

  • N’ayez pas trop mangé ou trop peu.

Dans le vif du sujet :

  • Mettez-vous en position (en tailleur est préférable pour cette séance),

  • Réservez 5 mn à vous mettre en condition en respirant calmement,

  • Fermez les yeux,

  • Mettez le chocolat dans votre bouche et laissez-le fondre doucement sur votre langue,

  • Prenez conscience de la diffusion de son arôme dans votre bouche,

  • Concentrez-vous bien sur les saveurs et sur les odeurs qui se diffusent en vous,

  • Suivez mentalement et sensitivement leurs trajets sans retenir les sensations, les souvenirs qui vous traversent,

  • Continuez la méditation jusqu’à la disparition du goût dans votre bouche.

Petits conseils pour bien terminer :

  • Prenez le temps de reprendre vos esprits,

  • Tenez un carnet de bord de vos expériences en y notant vos sensations, vos visions ou autres…

Le chocolat se prête bien à cette méditation, car il fond doucement et a la qualité de posséder des arômes très prononcés. Pour ceux qui ne sont pas des « fondus » de chocolats, choisissez un aliment facile à mastiquer avec un minimum de saveur et qui vous procure du plaisir. Les aliments sucrés sont pratiques à utiliser (bonbons ou sucettes pas trop gros).