Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 5

Les brumes de Hel

Traître vapeur de terre
Nuage opaque irréel, réel,
Dissimule amis, ennemis,
En ta fumée laiteuse.
En toi se perdent les cris,
Se diffusent aux quatre points.
Complice des silhouettes fugitives
S’évanouissent les revenants, les vivants,
S’égarent les sens,
S’effacent les repères,
S’éloignent les lieux,
Ici ou ailleurs,
Se transposent les temps,
Hier, aujourd’hui ou demain,
Se chevauchent les mondes,
Midgard, Asgard, Vanaheim ou Helheim,
Se dissout le corps,
Esprit désincarné
Se fond dans le voile impalpable,
Spectre parmi ses semblables,
Invite l’égaré à les rejoindre
A se perdre en eux.

*****

Balaie le rivage le liquide limpide
En un grondement immortel
Flux et reflux purifient mes pensées
Au rythme des vagues vivifiantes
Flux et reflux nourrissent mon corps
Au rythme des battements incessants
Coulent dans les veines
Témoin de la source originelle
Le fluide salé héritage de l’océan.

*****

Fille des nocturnes heures
Apparaît de jour
Dissimule céleste père.
Se réveille mère terrestre
Du long sommeil.
Jalouse enfant
Sépare les parents.
Fille des nocturnes heures
Disparaît de nuit
Craint céleste père.
Protège mère terrestre
Dans la sombre traîne
L’Ingrate enfant
Montent les larmes maternelles.

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Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

Entre Chien et Loup

Entre chien et loup
J’ai vu le ciel s’enflammer
Par le nord marchait
L’armée des aïeux,
Sur la voie des étoiles
Les étendards multicolores
Ondulaient sur nos couronnes.

Entre chien et loup
J’ai entendu les hurlements,
Par les eaux montaient
Les ravages des insoumis,
Leurs feux couraient
Sur les reflets sacrificiels
Appelant du cor les walkyries.

Entre chien et loup
J’ai vu des insectes ramper
Sous les pieds des géants,
Dans leur gueule béante
Coulait le venin du mensonge,
Fielleux et saumâtre
Dont s’abreuvent les couards.

Entre chien et loup
J’ai entendu le verdict
Sur le mont de la discorde,
Le bras levé montrait
La noire halle des envahisseurs,
S’abattait la vengeance
Par la lame cuisante.

Entre chien et loup
J’ai vu des hommes périr
Sans mener combat,
Des guerriers vaincre
Sans armes lever,
Des impuissants se prosterner
Devant un cadavre cloué.

Entre chien et loup
J’ai vu la terre se soulever
Devant les combattants de l’Ombre
Liés par le pacte divin
Morts et vivants serrés
Dans les aiguillons du Soleil
Comme un seul poignard.

Au temps de Garm et Fenrir
A été dit cette vérité
La prophétesse l’a énoncée,
Les scaldes semée,
Les hommes dédaignée,
Court toujours par les contrées
Jusqu’aux oreilles les plus aiguisées.

Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

Promenade

Sur ma tortueuse route
Justes chantent les Morts
À tort hurlent les Vivants
Avec sobriété veillent les Mystérieux…
Grandissent les Enfants lentement
Vieillissent les Parents avidement
S’assagissent les anciens rapidement…

Les morbides plaintes je n’entends plus
Les affreux visages je ne vois plus
Aux âmes torturées je ne parle plus…
Dans les ombres rayonnantes réside le sage pays
Sous la lune fière de son reflet,
Dans le monde des esprits conquérants.
Hommes meurent par la vaine pensée…

J’admire ce qui m’est donné :
Une goutte fraichement tombée,
Un tendre brin poussé,
Un ciel de nuit étoilé…
Ma vie demeure animée
De simples secrets,
D’une plénitude sacrée…

Je jette au loin
Le doute insidieux,
Le mensonge venimeux,
Les actes odieux
Des façonneurs de croyance.
Libres et paisibles s’ébattent
Mes tourbillons impalpables…

Je joue dans l’onde claire
Un cache-cache harmonieux
Avec les ombres amies :
Un Dieu me salue au ruisseau,
Un géant me ravit de sa rudesse,
Un troll courbe sa ramure,
Un serpent bondit hors de son cours…

Ma route est celle des elfes,
Des êtres désincarnés,
Des monstres mythifiés,
Des reclus emmurés…
Regardez nous passer
Derrière vos fenêtres fermées
Pauvres et apeurés…

Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 4

Houleuse étendue bleue
Rugissent tes rouleaux
L’écume de ta rage
Déferle dans mes yeux.
Se répand la chope oublieuse
En une vague mourante
Amère lame blanche
Noie mes illusions
De grand large.
Se mêlent bière et mer
Dans le même horizon trouble…
Je sombre…

*****

Virevolte au fil du vent
Missive des messagers divins
Effleure silencieusement le sol,
Présage est annoncé.
Je lève les yeux et vois:
Œil noir regarde Midgard
Du haut de l’Yggdrasil.
J’entends le lourd chant,
Le guerrier sauvage
Clame son retour,
Hurlent ses compagnons.
La plume noire à la main,
Je perçois le cri sinistre des corbeaux.

*****

Le cours charrie la glace des sommets
Bouillonnent les eaux de la fonte.
Écume des hauteurs,
Froide sève de l’hiver
Emporte les tourments des neiges
Vers le vaste fjord,
Pique de tes lances
Mon armure de chair
Arrache le cri de mon âme
Apaise mon cœur en furie
Emporte mes tourments de neige
Vers le vaste fjord.

Publié dans Scribouillis

La transmission scaldique

Je reblogue ici un article de mon blog « A l’Ombre de l’Arbre sacré » sur ma vision de la tradition scaldique.
Il s’insère parfaitement sur ce blog-ci et est, à mes yeux, toujours d’actualité.

A l'Ombre de l'Arbre sacré

Comme vous avez pu le constater dans ce blog, je m’exprime beaucoup au travers de l’art, en ce qui me concerne la poésie et le dessin. Ce sont deux formes d’expression très différentes à mes yeux (mis à part la forme, la technique et les compétences qu’elles sollicitent).

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