Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

Voyage en mère…

J’ai plongé
Dans un ciel bleu nuit
La grande mère
Aux étoiles désertes
A englouti mon esprit.

J’ai dérivé
Dans le froid courant
Glacée jusqu’aux os.
Cassant de mes bois
Les falaises en poussière.

J’ai perdu
Mon corps lourd
Dans les nuages rocheux
Durement déchirée
Par les griffes stellaires.

J’ai léché
Sur la pierre gelée
Le sel de la Rune chevauchée
Me désaltérant
A sa traîne vaporeuse.

J’ai cherché
De mon sabot ardent
Le lichen amer
Que les vagues enterrent
Sous la blanche écume.

J’ai galopé
Libre dans les flots
Sous les pluies grisantes
Jusqu’à me noyer
Dans l’ivresse des profondeurs.

Sauvage cervidé
À la peau blanche
À la ramure large
Possédait mon corps
De son animale puissance.

A l’aube
La mer se retire
Laissant les corps inertes
Sur les plages désolées
Par les longs voyages.

 

49508011_403077967131069_1664255026396135424_n
J’ai plongé…
Publicités

Le Conte des Contes de Giambattista Basile

Où sont passés nos princes et princesses d’antan, nos belles à l’esprit aventureux et nos beaux à la trempe libertine ? Je les ai retrouvés dans ce mini recueil de contes de Giambattista Basile, choisis et traduits du napolitain par Myriam Tanant.
Déçues par les histoires édulcorées de Disney, Grimm et Perrault entre autres, je suis partie à la recherche des origines des contes qui ont bercé mon enfance. Et voilà que j’entends parler du « Conte des Contes », recueil du XVIIe siècle de contes populaires italiens recueillis par Basile, poète, écrivain, écumeur de taverne sans doute à l’écoute des marins, des marchands racontant ces récits venus de la nuit des temps, remaniés et véhiculés au gré de la culture des narrateurs.
Il en ressort de magnifiques histoires où les ogresses côtoient les fées, où les hommes sont un peu, voire beaucoup polissons, où les femmes se laissent séduire sans rougir de honte, mais de plaisir. Au diable la tempérance : on désire, on envie, on mange, on boit, on vit ! La vertu n’est plus de mise, les personnages ont leurs faiblesses et leurs forces qui les font tomber ou grandir.
Les femmes sont ici dans l’action, elles mènent le jeu sans subir celui des hommes qui il faut le dire n’en ressortent pas toujours grandis. Elles ne sont pas de belles potiches qui pleurent en attendant la venue du prince, elles partent le cœur vaillant à sa recherche !
Que dire du style ? Savoureux, subtil, joliment tourné ? Peut-être un peu trop cru par instant, mais sans vulgarité aucune. Il convient donc de faire quelques modifications dans les tournures et expressions dans la lecture aux jeunes enfants !
Vous y trouverez beaucoup de référence aux dieux grecs, reconnaitrez la Belle au Bois dormant, Cendrillon, Peau d’Âne, vous pourrez même y voir passer Siegfried, Brunehilde et Gudrun issus des sagas nordiques.
Pour ma part, c’est une riche découverte, une pièce majeure de notre patrimoine culturel. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant et j’ai trouvé les personnages très vivants et familiers. Je m’attendais à y voir des passages sanglants, des descriptions de meurtres abominables, mais il n’en est rien fort heureusement.
Le seul point négatif de ce petit recueil est de ne contenir que douze des contes originaux de l’œuvre principale. Une autre traduction en français éditée par les éditions Circé contient l’ensemble des histoires.

Pour en lire davantage sur le livre: Le Conte des Contes

6d872486-86f4-4264-b33d-cab254d7cfdd
Le Conte des Contes de Giambattista Basile

 

Victoria de Knut Hamsun

Un amour impossible comme celui de Roméo et Juliette ou de Tristan et Iseult, il en existe aussi dans la littérature norvégienne ! C’est le cas de Victoria et Johannes dans ce magnifique roman de Knut Hamsun, un chef-d’œuvre classique à compter dans sa bibliothèque.
Le personnage central est ce garçon très fantasque qu’est Johannes, très rêveur, la tête pleine d’histoires depuis tout petit, il poursuit des études de littérature et devient un poète et auteur à succès. Il connait Victoria depuis son enfance, elle est la fille du châtelain alors que lui n’est que le fils du meunier. Ces deux caractères si différents se retrouvent et s’opposent dans un amour passionné mais aussi impossible.
La pensée de Johannes est libre, à l’opposé de ses actes contraints par les barrières sociales, elle est exaltée et ne se canalise que par la présence de la nature et par l’écriture. Victoria lui semble si indifférente et cruelle parfois, elle lui rappelle les réalités de la vie mais en dessous une intense lutte intérieure entre la raison et les sentiments sévit.

C’est une histoire d’amour loin d’être romantique ou niaise, plutôt poétique, lucide comme le sont les nordiques. Les personnages vivent intensément leur choix et leur Destin qui leur est si cher qui ne fait pas dans le sentiment. La vie continue malgré tout, il faut l’affronter avec en dedans la blessure.

victoria
Victoria de Knut Hamsun

Pour d’autres critiques et plus sur Babelio: Victoria

Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 8

Lit la douce poésie,
Sonnent les mots libres,
Se ferment les yeux inutiles,
Écoute les vers,
Vibre leur écho
Au fond de soi
Éveille le divin.
Images sont les sons,
Émotions immatérielles
Entre dans la dimension
De l’au-delà du sens
Du double langage
Comprend le message
Lui parlent en la pensée
Par la pensée
Des esprits maîtres.

*****

Désignent les dieux
Les porteurs de voix
Entendent les obscurs messages
Emplissent de vive lumière
Des aveugles les yeux
Au bafoueur de mémoire
Bannissent le repos
Erre dans la cohorte des temps
Ballotté sous les injures des tourments.

*****

Ramper avec le serpent sur la roche acérée,
Se rouler avec la truie dans la boue fraîche,
Parcourir avec le renne la steppe aride,
Hurler avec les loups sous la lune d’argent
Courir avec l’ours dans la plaine moussue
Caracoler avec les boucs dans les hautes herbes
Grimper avec les chats au sommet du grand frêne,
Voler avec les corbeaux au-dessus du fjord bleu,
Nager avec le saumon à contre courant de la rivière,
C’est cela se relier à l’Yggdrasil…

Mother Power de Lisa Druxman

« Mother Power », tout est dans le titre ! Nous sommes mamans, un des piliers essentiels de notre famille, nous devons être partout et performantes à la maison et pour beaucoup au travail. Pas de panique ! ce livre est fait pour nous qui souhaitons mener à bien nos objectifs, il y a toutefois quelques conditions à respecter : nous devons lâcher un peu de lest et mettre un peu d’ordre dans notre quotidien !
Lisa Druxman partage son expérience : maman débordée et entrepreneuse, elle doit mener de front son entreprise et sa maisonnée, comment passer du temps avec ses enfants, son mari, s’occuper des taches de la vie quotidienne sans négliger son travail ? Nous nous sommes sans aucun doute posées la même question. L’auteure remet les pendules à l’heure : une maman qui prend soin des siens, prends d’abord soin d’elle !
Ainsi au fur et à mesure des pages, elle va nous déculpabiliser, nous rendre plus efficace par une méthode toute simple, nous mettre au centre de nos priorités. Il n’est pas question de tomber dans l’égoïsme, mais de nous ménager pour progresser.
Le programme de Lisa est simple: je recharge mes batteries, je fais le point sur ma vie, je trouve du temps pour les activités qui me tiennent à cœur, je change mes habitudes, je change la vision que j’ai de moi, je deviens le coach familial, je revois notre alimentation, je me remets en forme, j’améliore notre environnement et je donne l’exemple.
Le parcours est semé d’exercices écrits, de petits conseils éclairés que l’on peut concrètement et rapidement mettre en pratique, rien d’irréalisable et beaucoup de bon sens. Il faut un peu de temps pour appliquer la méthode dans son intégralité, mais il est rare de commencer de zéro, certains chapitres vous seront donc plus utiles que d’autres, car vous serez déjà sur la bonne voie. Des défis (un par mois) peuvent aider à progresser en douceur et à digérer les étapes.
La lecture de ce livre m’a remis un peu de baume au cœur : toutes les mamans devraient le lire en période de doute ! Un véritable coaching est proposé mettant au centre la maman et son rôle, c’est frais, positif et très revalorisant.
Je le trouve très complet avec un bon nombre de références en fin de livre à consulter pour approfondir certains points.

9782807321441_MotherPower_CV.indd

Pour d’autres critiques et plus sur Babelio: Mother Power

Publié dans Scribouillis

Savoir remercier… les objets!

Remercier une personne pour un service rendu, un acte désintéressé vous semble naturel et spontané. Exprimer de la gratitude, de la reconnaissance à un être humain fait partie de la base de la communication et de la vie en société. Vous vous sentez ensuite léger et heureux de l’échange ainsi créé.

En allant un peu plus loin dans votre réflexion, posez-vous la question de savoir qui vous rend le plus de services en une journée ? La réponse qui vous vient à l’esprit n’est pas nécessairement la plus juste. Vous allez penser à votre amie Clémentine, à votre copain Henri, à votre sœur… mais vous ne penserez absolument pas aux objets qui peuplent votre quotidien et qui, il faut bien le dire, vous rendent la vie plus facile.

Lire la suite de « Savoir remercier… les objets! »

Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 7

Au loin flamboie Midgard,
Des langues de feu du cœur des hommes
Dévastent leurs familles, leurs demeures.
Calcinés tombent les arbres,
Monte le parfum des chairs brûlées
Jusqu’à la butte aux Morts.
S’expulsent du brasier des flammèches mouvantes,
Ondule la cuirasse rougeoyante
S’approche l’enjambée conquérante
Le casque tombe et roule:
Blonde chevelure folle s’échappe,
Se fiche droite l’épée devant l’élu,
Scrutent le vide les yeux blancs
Pose un genou à terre
Demande la bénédiction.
Habile pourfendeur aveugle
Le mande la nuit de protéger le chef,
Du haut de la butte aux Morts
Nous surplombons le feu de joie.

Lire la suite de « Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 7 »