Publié dans Poèmes aux longs Cours, Poésie ou Art poétique, au choix!

Complices secrets

Depuis la forge du nain
Jamais je n’ai senti
Si brûlante étreinte.
Allons conquérir ensemble

La nuit sous les aurores.

M’épuise la quiétude
Le silence m’éreinte
Qu’importe la main

Qui fermement me tient
Courons donc sous les étoiles.

Seigneur des Éclairs
Hurlera sa colère puissante
Prince des Orages

Éclatera sa rage tonitruante
Libres filons dans le vent.

Aucune glace ne nous arrêtera
Pas même les Loups hurlants
À nos trousses haletants
Est-ce ma faute
Si tu es tant séduisant ?

Tu fus l’initiateur rusé
De ma naissance par le brasier
De mes défauts, de mes qualités
Fine mouche piquante
Maître des illusions.

Ce soir je suis ton allié
Allons jouer chez les elfes
Un tour de notre façon
Ou bien chasser les misères
D’un chant de guérison.

Mon vieux complice
Il est bon d’être dérobé
Par ta gracieuse légèreté.
Allons encore vagabonder
Allons seuls dans l’obscurité.

Ces Mères qui ne savent pas aimer de Susan Forward

Difficiles relations que celles des mères avec leurs filles ! Tout n’est pas toujours rose et quand on parle des difficultés que l’on éprouve à vivre en bonne intelligence avec sa mère, on vous regarde avec des yeux ronds comme des soucoupes. “Comment tu es en froid avec ta mère ?”, en un instant vous devenez un être anormal, ingrat, dénué d’empathie, parce qu’une maman c’est tellement adorable et compréhensif, que non, vous ne pouvez décemment pas être fâché contre elle ! Et même si c’est un monstre (bon là j’exagère un peu quand même), vous devez tout laisser passer parce, quand même, c’est elle qui vous a donné la vie.
À ce stade, moi j’ai dit STOP et beaucoup de filles ont également fait comme moi ! Oui, j’ai arrêté de souffrir pour des prunes, j’ai fait le deuil d’une relation qui ne m’a jamais amenée à un amour maternel spontané. J’ai cessé de chercher une réponse au mystérieux « Pourquoi ? », parce qu’en fait, il n’y en a pas ! Et tant pis si l’entourage ne comprend pas, ou refuse de comprendre, car la souffrance qui ronge, ils sont incapables de la ressentir, et il faut à un moment sauver sa peau. C’est sans doute une question de vie ou de mort, quelquefois physique, plus souvent psychologique.
Ce livre m’a fait un bien fou, il brise le tabou, l’image de LA mère sur son piédestal, parfaite et bienveillante. J’en ai eu une indifférente, je n’ai manqué de rien matériellement, de tout affectivement, il fallait que je grandisse sans faire de remous sinon j’avais le droit à des paroles désobligeantes. Ici des mots sont mis sur les souffrances jusque-là mal comprises ou niées tout simplement. Mais il existe bien d’autres sortes de maltraitances qu’elles soient physiques ou psychologiques que l’indifférence : l’auteure nous décrit les mères narcissiques, accaparantes, « control freak » (qui contrôle tout), à materner et négligentes. Des témoignages concrets illustrent l’exposé dans lesquels on se retrouve forcément.
Dans la deuxième partie, l’auteur nous propose des voies pour accéder à la liberté, à déjouer l’emprise de ces mères toxiques. Mais il ne faut pas rêver, le livre à lui seul ne peut pas solutionner toutes les situations et souvent une aide extérieure est recommandée. Il aide par contre à la prise de conscience, car les situations, les paroles désobligeantes qui nous paraissaient normales, nous apparaissent progressivement sous un jour nouveau. La séparation et la distance semblent souvent les meilleures solutions envisageables, mais elles sont souvent prises en urgences quand la situation est devenue intolérable. Beaucoup choisissent de rester en contact malgré tout, par peur des remontrances, sous la pression de la famille et de la société parce qu’il est plus facile d’être une mauvaise fille qu’une mauvaise mère.
C’est un livre à offrir autour de soi, pour celles qui souffrent dans la culpabilité de ne pas « être une fille normale » et celles et ceux qui ne comprennent pas qu’une mère n’est pas toujours une maman.
Dommage que ne soit traité ici que la relation mère-fille, un autre tome peut-être sur les mères toxiques et leurs fils ?

Pour en lire davantage sur le livre: Ces Mères qui ne savent pas aimer de Susan Forward

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Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 10

Vogue la barque sur l’onde des âges
S’échoue sur la berge aux roseaux
Ondule la féminine silhouette
Douce main tire la frêle embarcation
Regard d’or admire le trésor
Rend le sourire de la tendre dame
Remercie l’heureuse providence.

L’enfant du glacier descendu
A traversé les mondes perdus
Jusqu’aux portes sacrées
Secrète est sa naissance
Cachée est sa destinée
Songe l’a annoncé.
Vogue sans fin la barque sur l’onde des âges.

*****

Héritage des ancêtres
Coule dans les veines
Nourrit la chair,
Migrants d’une lointaine terre
Nomades sont les racines.
Saisons après saisons,
De chasses en chasses
Les peaux détendues deviennent solides pierres,
De la terre la nourriture abonde
Du harassant travail,
Rencontre tribus amies
Sang neuf vigueur renouvelle.
L’héritage des ancêtres
Coule dans les veines
Nourrit la chair
Partage des terres
Métissage des peuples
Font des Hommes et des Femmes la fierté
Jamais ne se renient les origines.

*****

Se manifestent les mystères enfouis
Au creux des nocturnes voyages
Aux heures du repos des corps
La délivrance des pensées tues
S’épanouit à la conscience vive
S’éveille des profondeurs inconnues.
Écoute le secret langage
Apporte enseignement subtile
Ancré dans les bas-fonds troubles
Remonte en fines volutes.
L’ancestral savoir est en nous.

 

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De Vie à Trépas

N’y a-t-il que les hurlements
Qui apaisent les humeurs ?
Courir vers le danger
À perdre haleine
Vide l’esprit
Des peines de la vie.

Une épée à la main
Je vois l’éclair bleu
Éblouir ma vision.
L’éclatante lumière
Éclabousse mon bouclier
D’or rouge maculé.

Ma voix sauvage vibre encor’
Dans le brusque silence,
J’accélère la course
Les yeux fermés,
L’arme levée est tombée
La lourde armure disparue.

La froidure étreint
Mes membres diffus
Toujours je cours
Sur la sente diaprée
Mon dernier assaut :
Une muraille glacée.

S’éloigne le sol
Sous mes pieds nus,
Le poids des blessures
S’allège dans le vent:
Je comprends enfin
Quel est le chemin.

Est-ce donc cela
Le passage tant raconté ?
Un soleil de matin d’été
Éblouissant se levant
Entre deux montagnes,
Accompagné du vol
Des blancs voltigeurs.

Appelle un cor au loin
Les hommes à la rescousse,
Une meute à mes trousses.
Des poings serrés
Sans retenue je frappe
La haute porte sculptée.

« Ami, ennemi, qui vient ?,
Demande le grand gardien,
Vivement ai je couru
Derrière ton train pressé,
Au garde assermenté
Tu ne t’es présenté ! »

« Te voici vif comme éclair
Tant éveillé que trépassé
En un souffle poussé »,
Par le vantail entrouvert
De son unique œil
M’observe l’Errant.

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Autrefois, je me pendais…

Autrefois je me pendais
À l’arbre neuf jours
Durant neuf nuits
Navré d’une lance.

Autrefois je bus
À la source du géant
Acquérant le savoir
Par l’œil de la sagesse.

Autrefois je chevauchais
Un destrier au corps rugueux
Courant à perdre halène
De par les mondes épars.

Autrefois je volais
Dans les plumes noires
Des oiseaux voyageurs
Croassant aux quatre vents.

Autrefois je mordais
Avide les entrailles
Gardant la porte
De mon domaine.

Autrefois je lançais
Le fer aigu et durci
De ma longue pointe
Par-dessus les guerriers.

Autrefois j’enfantais
Des filles fières
Couvrant les tempêtes
Sur les champs de bataille.

Autrefois j’incantais
Sous mon manteau de sang
Appelant les forces
Selon mon vouloir.

Autrefois je lisais
Le destin dans les lots
Données par mon arbre
Murmurant les présages.

Autrefois je commandais
Une armée sans peur
Hurlante sous les peaux
Fidèle à mes desseins.

Autrefois je disparus
Des mémoires indolentes
Dans les profondeurs de l’oubli
Pourchassé par les robes grises.

Longtemps les froides saisons
Passèrent sur mes terres
Me contraignant à l’errance
Désabusé par les échos.

Longtemps un pauvre refuge
Accueillit mon âme affaiblie
Devenant fou dans cette prison
Misérable privé de mes sens.

Un jour je m’éveillais
Libéré de mes contraintes
Comme aux premiers instants
Ma fureur prit son envol.