Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 8

Lit la douce poésie,
Sonnent les mots libres,
Se ferment les yeux inutiles,
Écoute les vers,
Vibre leur écho
Au fond de soi
Éveille le divin.
Images sont les sons,
Émotions immatérielles
Entre dans la dimension
De l’au-delà du sens
Du double langage
Comprend le message
Lui parlent en la pensée
Par la pensée
Des esprits maîtres.

*****

Désignent les dieux
Les porteurs de voix
Entendent les obscurs messages
Emplissent de vive lumière
Des aveugles les yeux
Au bafoueur de mémoire
Bannissent le repos
Erre dans la cohorte des temps
Ballotté sous les injures des tourments.

*****

Ramper avec le serpent sur la roche acérée,
Se rouler avec la truie dans la boue fraîche,
Parcourir avec le renne la steppe aride,
Hurler avec les loups sous la lune d’argent
Courir avec l’ours dans la plaine moussue
Caracoler avec les boucs dans les hautes herbes
Grimper avec les chats au sommet du grand frêne,
Voler avec les corbeaux au-dessus du fjord bleu,
Nager avec le saumon à contre courant de la rivière,
C’est cela se relier à l’Yggdrasil…

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Mother Power de Lisa Druxman

« Mother Power », tout est dans le titre ! Nous sommes mamans, un des piliers essentiels de notre famille, nous devons être partout et performantes à la maison et pour beaucoup au travail. Pas de panique ! ce livre est fait pour nous qui souhaitons mener à bien nos objectifs, il y a toutefois quelques conditions à respecter : nous devons lâcher un peu de lest et mettre un peu d’ordre dans notre quotidien !
Lisa Druxman partage son expérience : maman débordée et entrepreneuse, elle doit mener de front son entreprise et sa maisonnée, comment passer du temps avec ses enfants, son mari, s’occuper des taches de la vie quotidienne sans négliger son travail ? Nous nous sommes sans aucun doute posées la même question. L’auteure remet les pendules à l’heure : une maman qui prend soin des siens, prends d’abord soin d’elle !
Ainsi au fur et à mesure des pages, elle va nous déculpabiliser, nous rendre plus efficace par une méthode toute simple, nous mettre au centre de nos priorités. Il n’est pas question de tomber dans l’égoïsme, mais de nous ménager pour progresser.
Le programme de Lisa est simple: je recharge mes batteries, je fais le point sur ma vie, je trouve du temps pour les activités qui me tiennent à cœur, je change mes habitudes, je change la vision que j’ai de moi, je deviens le coach familial, je revois notre alimentation, je me remets en forme, j’améliore notre environnement et je donne l’exemple.
Le parcours est semé d’exercices écrits, de petits conseils éclairés que l’on peut concrètement et rapidement mettre en pratique, rien d’irréalisable et beaucoup de bon sens. Il faut un peu de temps pour appliquer la méthode dans son intégralité, mais il est rare de commencer de zéro, certains chapitres vous seront donc plus utiles que d’autres, car vous serez déjà sur la bonne voie. Des défis (un par mois) peuvent aider à progresser en douceur et à digérer les étapes.
La lecture de ce livre m’a remis un peu de baume au cœur : toutes les mamans devraient le lire en période de doute ! Un véritable coaching est proposé mettant au centre la maman et son rôle, c’est frais, positif et très revalorisant.
Je le trouve très complet avec un bon nombre de références en fin de livre à consulter pour approfondir certains points.

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Pour d’autres critiques et plus sur Babelio: Mother Power

Publié dans Scribouillis

Savoir remercier… les objets!

Remercier une personne pour un service rendu, un acte désintéressé vous semble naturel et spontané. Exprimer de la gratitude, de la reconnaissance à un être humain fait partie de la base de la communication et de la vie en société. Vous vous sentez ensuite léger et heureux de l’échange ainsi créé.

En allant un peu plus loin dans votre réflexion, posez-vous la question de savoir qui vous rend le plus de services en une journée ? La réponse qui vous vient à l’esprit n’est pas nécessairement la plus juste. Vous allez penser à votre amie Clémentine, à votre copain Henri, à votre sœur… mais vous ne penserez absolument pas aux objets qui peuplent votre quotidien et qui, il faut bien le dire, vous rendent la vie plus facile.

Lire la suite de « Savoir remercier… les objets! »

Publié dans Poésie ou Art poétique, au choix!, Vers courts pour longs Temps

Vers courts pour longs Temps, Saison 1, Temps 7

Au loin flamboie Midgard,
Des langues de feu du cœur des hommes
Dévastent leurs familles, leurs demeures.
Calcinés tombent les arbres,
Monte le parfum des chairs brûlées
Jusqu’à la butte aux Morts.
S’expulsent du brasier des flammèches mouvantes,
Ondule la cuirasse rougeoyante
S’approche l’enjambée conquérante
Le casque tombe et roule:
Blonde chevelure folle s’échappe,
Se fiche droite l’épée devant l’élu,
Scrutent le vide les yeux blancs
Pose un genou à terre
Demande la bénédiction.
Habile pourfendeur aveugle
Le mande la nuit de protéger le chef,
Du haut de la butte aux Morts
Nous surplombons le feu de joie.

*****

N’échappe à la malédiction des dieux
Celui qui la haine diffuse en leurs noms.
Banni en sa natale terre,
Étranger en le divin soutien,
Rongé en son for intérieur
Rampe en lui le vert dragon.
Point de salut en ses profanes connaissances
Ne daigne l’effleurer le sacré.
« Que la justice tranche,
Que le protecteur des hommes frappe,
Que l’accomplisseur de destin brûle,
Que le père souverain renie
Celui qui entache notre nom. »

*****

Vibre l’armure du destin
Brillent les auréoles stellaires
Sait lire vieille femme
Le secret de leur frisson.
Contemplent les yeux le reflet
Scintillent les fils d’argent.
Se pose l’index
Sur la trame du demain
Change la couleur
Saisit vieille femme la nuance.
« Bien mal avisé celui qui se croit seul maître de son avenir,
Plaisent aux Dames Tisseuses
De tirer les fils à leur convenance
Quand s’efface le dessein ».

Tourner la Page de Auður Jónsdóttir

Eyja, jeune fille d’une vingtaine d’années, mariée avec un homme de vingt ans son ainé et accessoirement alcoolique, se voit offrir la possibilité de « Tourner la page » : sa grand-mère lui donne 100 000 couronnes si elle quitte son mari et part en Suède avec la cousine Runa. Cet éloignement lui permettra de terminer son roman, de rompre avec le Coup de Vent mais aussi de faire le point sur son passé et celui de sa famille.
Auður Jónsdóttir a publié jusqu’ici six romans depuis ses débuts en 1997 et a été primée plusieurs fois. « Tourner la page » est son seul roman traduit en français à ce jour. Tout comme l’héroïne de son roman, elle est la petite-fille d’un auteur islandais célèbre, Halldór Laxness que l’on ne présente plus.
D’emblée Auður Jónsdóttir déroute par son style très particulier : les lieux, les époques se mêlent, les personnages se chevauchent, difficile parfois de suivre le rythme effréné des situations sans y perdre le nord ! Petit à petit comme l’on met en place les pièces d’un puzzle, l’histoire personnelle de Eyja se dessine et le fil de sa vie devient plus clair. À la lumière des anecdotes sur ses ascendants, le jour se fait finement sur les mauvais choix et penchants du personnage. Il faut donc s’accrocher dans une grande partie de la lecture assez décousue pour comprendre les cheminements psychologiques de l’intrigue.
Il faut jongler dans le déroutant affrontement du présent, du passé et du futur : si le récit est bien raconté au présent , de nombreux flash-back apparaissent régulièrement dans les chapitres afin de situer le personnage principal dans la saga familiale. Mais ce présent n’est que le passé d’un futur déjà en place : certains chapitres relatent l’histoire de l’héroïne plusieurs années après son voyage en Suède.
Les personnages secondaires (en dehors de la famille) portent des surnoms très symboliques, on ne s’encombre donc pas de noms islandais imprononçables et sans intérêt, ce qui simplifie grandement la lecture et a le mérite de situer chacun dans son rôle en un seul coup d’œil (ex : Coup de Vent, Reine du Ski…), ce qui se rapproche assez de la lecture des sagas traditionnelles.
Je retrouve dans ce roman divers thèmes chers à beaucoup d’auteurs islandais contemporains : les voyages (initiateurs de changements), les rudesses du climat, l’alcoolisme, la complexité des rapports humains au sein des familles, la place du destin dans les choix de vie, le poids du passé des ancêtres entre autre, qui ne sont pas si loin des sujets déjà abordés en d’autres temps dans la littérature islandaise médiévale.

Pour en savoir plus: Tourner la page de Auður Jónsdóttir

 

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